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Jeu, Sep

Manger (encore) de la viande ?

Les XI èmes Rencontres de Maisons-Alfort...

Manger (encore) de la viande ?

C'est sous ce titre délibéremment provocant que l'Ecole nationale vétérinaire d'Alfort avait organisé ses XIèmes Rencontres annuelles, le 30 novembre 2011. Plusieurs de nos confrères académiciens étaient présents, dont bien sûr Jeanne Brugère-Picoux. René Laporte a raméné de cette intéressante réunion les quelques notes que nous publions ci-après.

Jean-Marie Bourre : Il faut une variété d’aliments sur 10 jours pour apporter les 43 nutriments (éléments) indispensables à la nourriture de l’homme. Aucun aliment ne contient les 43 nutriments. Il faut consommer des aliments riches en protéines tous les jours car tous les jours 40% de notre duodénum et 2.5 % de notre masse musculaire sont renouvelés. Pour le fer héminique apporté par la viande,un rappel de l’étude intéressante qui montre qu’en situation de carence ou de déficit le QI des enfants est corrélé à la teneur en fer du cordon ombilical de la mère le jour de leur naissance. Attention la proposition contraire n’est pas valable : même si votre mère a mangé beaucoup de viande voire des clous bien rouillés, vous n’avez aucune certitude d’avoir le QI d’Einstein. L’influence de l’alimentation donnée aux animaux sur la composition des produits animaux à consommer par l’homme est surtout valable pour les monogastriques et dans une moindre mesure pour les ruminants. Pour les œufs : les œufs naturels (poules à l’ancienne) 40 fois plus d’oméga-3 que œufs des poules USA élevées en batterie et 20 fois plus que les œufs des poules européennes !

Les études épidémiologiques faites sur les végétariens semblent montrer qu’ils vivent plus longtemps. Oui mais on peut l’attribuer à leur hygiène de vie, activité physique, en général pas d’alcool, pas de tabac…(Un chiffre à vérifier : 30 à 50% des pathologies entrainant des hospitalisations concernent des fumeurs et des personnes consommatrices d’alcool (quel degré ?)).

Jacques Risse : Les farines animales ont été utilisées pour l’alimentation des animaux – ruminants y compris – dès 1830 (l’Académie d’Agriculture s’y est intéressé et ce sont les Allemands qui ont été les premiers à le faire).

Quelques chiffres erronés relevés par Catherine Esnouf –INRA

- 18% de GES pour l’élevage (FAO) : non 10 à 12% en Europe et pour la production de viande bovine en système allaitant compte tenu du rôle des prairies en tant que puits de carbone l’émission est à diviser par 2.

- l’élevage pollue plus que les transports : pour les transports on n’a pas comptabilisé les émissions liées à l’extraction du pétrole et à son raffinage ainsi que la fabrication des moyens de transports (voitures, trains ou avions).

- 15000 litres d’eau pour produire un kg de viande bovine : non 500 litres d’eau.

- 7 kg de céréales pour faire un kg de viande de bœuf : c’est vrai mesuré dans un feed-lot dans les derniers mois de la finition. C’est faux si on mesure sur la vie d’un bovin de sa naissance à son abattage. - 7 protéines végétales pour 1 protéine animale, il faut préciser que c’est le volume de protéines produites par 1 hectare de production végétale (laquelle ?) comparée à la production de viande sur un hectare de prairies. Ensuite il faut s’intéresser à la qualité et à l’assimilation de ces protéines.

La FAO reconnaît aujourd’hui la provocation. Attention en s’intéressant aux seuls GES de condamner l’élevage allaitant à l’herbe qui peut être considéré comme le plus naturel. Le bilan doit prendre en compte toutes les dimensions : écologique, alimentaire, sociale et économique.

La présence de nombreux élus municipaux et responsables de restauration collective a orienté le débat sur la consommation de viande des enfants dans les cantines : un taux élevé de non consommation (40%) pas très bien expliqué, demande des parents, méconnaissance de la viande, qualité limite, les jeunes sont réticents à la mastication…L’unanimité s’est retrouvée pour que l’alimentation et la viande soient expliquées à nos chères têtes blondes (pas si blondes que ça) dans les écoles et à la maison.

Conclusion : Pour la viande comme pour l’écologie et l’environnement, on se place sur le terrain de la culpabilité : l’homme se détruit et détruit la planète. Cette culpabilité est entretenue par une minorité de pessimistes qui imposent leurs choix. C’est la perpétuelle lutte entre la majorité silencieuse et la minorité agissante !  

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