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Mer, Aoû

La viande c'est l'homme moderne

Dans une nouvelle étude publiée le 10 mars dans la revue Nature, des paléoanthropologues de l’Université Harvard se sont penchés sur la façon dont Homo erectus mastiquait ses aliments. D’après les auteurs, c’est l’introduction de viande crue dans son menu, couplée à l’utilisation d’outils pour faciliter la mastication, qui a satisfait les besoins énergétiques de cette espèce, lui permettant de développer d’autres caractéristiques physiques.

Traduction du résumé publié:
Impact de la viande et des techniques de transformation de la nourriture du Paléolithique Inférieur sur la mastication chez les humains
Katherine D. Zink & Daniel E. Lieberman

Les origines du genre Homo sont obscures mais chez Homo erectus les corps et les cerveaux plus gros et des aires alimentaires plus grandes ont dû augmenter les besoins énergétiques journaliers des hominidés. Pourtant H.erectus diffère des hominidés plus anciens en ayant des dents relativement plus petites, des muscles masticateurs réduits, une force de morsure maximum plus faible et un intestin relativement plus petit.
La combinaison paradoxale de demandes accrue d'énergie avec des capacités masticatoires et digestives décroissantes est supposée rendue possible en ajoutant de la viande au régime alimentaire en transformant la nourriture mécaniquement avec des outils de pierre ou en la cuisant. La cuisson cependant n'était apparemment pas commune il y a plus de 500 000 ans et les effets du carnivorisme et des techniques de transformation du Paléolithique Inférieur sont inconnus.
Nous rendons compte ici d'expériences qui ont testé la façon dont les technologies de transformation du Paléolithique Inférieur affectent la production et l'efficacité de la force masticatoire des humains consommant de la viande et des tubercules.
Nous avons trouvé que si la viande représentait un tiers du régime alimentaire, le nombre de cycles de mastication par an aurait décru d'environ 2 millions (une réduction de 13%) et la force totale masticatoire nécessaire aurait décru de 15%. De plus, en coupant simplement la viande et en écrasant les tubercules, les hominidés auraient amélioré leur capacité à mâcher la viande en plus petits morceaux de 41%, réduit le nombre de mastications par an de 5% supplémentaires et diminué les besoins de force masticatoire de 12% supplémentaires.
Bien que la cuisson ait des avantages importants, il apparait que la sélection de fonctionnalités masticatoires plus faibles chez Homo aurait été initialement rendue possible par la combinaison de l'utilisation d'outils en pierre et de consommation de viande.

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