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Lun, Aoû

2017 : Prix du Livre et Prix Spécial

Deux bons livres, deux très bons lauréats (1), un excellent déjeuner...

Deux excellents candidats (1) et une salle pleine lundi 4 décembre dernier au Café des Abattoirs, à Paris, pour la remise des Prix de l’Académie, Prix du Livre et Prix Spécial. Cette année, le Prix de l’Académie est attribué au roman publié par Catherine Véglio aux éditions Lemieux, La fête carnivore ; et le Prix Spécial à Arthur Le Caisne pour son excellent ouvrage de vulgarisation culinaire, Le Manuel du Garçon boucher, aux éditions Marabout.

S’adressant d’abord à Arthur Le Caisne, le président de l’Académie François Landrieu a souligné l’excellente documentation de son ouvrage, la clarté de mise en page, l’efficacité de ses conseils. Comme d’habitude… a ajouté le président en retraçant la déjà longue liste des ouvrages d’Arthur Le Caisne, dont le récent « La Cuisine c’est aussi de la chimie » (Marabout) qui a connu un beau succès de librairie. Le lauréat a de son côté tenu à remercier pour leur contribution à son ouvrage plusieurs membres de l’Académie, dont J-F Hoquette et Francis Fauchère. Avec une mention spéciale pour Jean Denaux qui fut le premier à attirer l'attention  de l'Académie sur les qualités de son livre.

La lauréate du Prix du Livre 2017, Catherine Véglio, était en pays de connaissance. Elle a rappelé qu’elle fut en des temps pas si lointains journaliste à un quotidien  bien connu des professionnels, le journal Les Marchés, où elle rédigeait notamment des articles sur le secteur élevage et viandes. Elle se souvient bien d’y avoir côtoyé François Landrieu à de nombreuses reprises. Ce dernier, lui remettant son prix, a évoqué ces quelques souvenirs communs, avant de la féliciter pour son livre. Celui-ci met en perspective un monde dont l’élevage serait en quelque sorte proscrit et où les amateurs de bonne viande constitueraient une espèce de clan de plus en plus cerné et réduit. Vision prospective ? Catherine Véglio  fait œuvre d’imagination, certes, mais on doit bien admettre que les attaques incessantes contre l’élevage et la viande depuis quelques années donnent de la chair à cette spéculation.

Dans la réponse qu’elle fit, Catherine Véglio a souligné que « ces gens-là (dont je parle), ce sont peut-être les derniers carnivores et, à travers ce conte, je leur ai donné la parole, une parole dominée par la liberté et le plaisir.  Le plaisir de manger ensemble car la recherche de plaisir est aux fondements des pratiques alimentaires» !

Et d’ajouter : « J’aimerais aujourd’hui entendre davantage leur parole, celle des éleveurs, celle des bouchers, entendre donc la parole de tous les acteurs de la filière, pour ne pas laisser l’espace du débat au seul radicalisme qui certes est minoritaire mais fait beaucoup de bruit et entretient la confusion. Car sous couvert de vouloir le bien-être des animaux, les associations comme L 214 veulent la fin de l’élevage et soutiennent la viande in vitro. Car ne pas manger de viande, c’est aussi soutenir le triomphe des produits de substitution agro industriels.

Aussi, je vous invite à dire avec l’un des personnages de « La fête carnivore » : « La vraie viande, la rouge, l’humide, la graisseuse, la pécheresse, cette chair corruptible, nous l’aimons ! »

Une invocation promptement satisfaite par un menu tout en viande qui nous a permis d’apprécier les infinies possibilités gustatives du produit qui nous réunit si joyeusement.

(1)  Formé par l’école communale des années 50 à une orthographe et une grammaire qui ne plaisantaient pas,  ce n’est pas aujourd’hui qu’on me fera abandonner le masculin pour exprimer le pluriel neutre. Je craindrais trop que du fond de sa tombe, mon instituteur à blouse grise de jadis ne surgisse à nouveau pour abattre sa règle en fer sur mes doigts tendus…FL

 Les ouvrages

                                                             Ils vivent dans la « zone dédiée à l’élevage bovin », tenus soigneusement à l’écart des métropoles où triomphent la nature policée et la penséeLa fete carnivore. Ces éleveurs rustiques sont la caste maudite d’un monde surpeuplé et essentiellement citadin. La viande raréfiée est devenue un art comestible pour les seules classes aisées. L’époque est impérialement biotech, et les grands majors de l’agrobiotechnologie se disputent le marché des insectes.

Dans la zone d’élevage, le devenir des éleveurs comme Frédéric est arrimé à leurs plus belles bêtes et surtout à Darius, l’un des tout derniers grands taureaux reproducteurs européens. Darius est leur champion, la promesse de voyages victorieux jusque dans les contrées les plus lointaines où la viande se déguste désormais comme une extravagance un peu coupable mais ô combien élitiste.

Comment pourrait-on se passer de viande et de rêve de troupeaux sauvages ?

Quand Darius meurt des suites d’une bien étrange maladie, la petite communauté du Grand Bois vacille, rattrapée par ses démons et ses obsessions. Et la vie d’Hélène, reporter d’un média spécialisé dans l’alimentation de masse, change de sens. Avec ses amis carnivores, la jeune citadine se lance à ses risques et périls, dans l’invention d’une grande réserve vouée aux ultimes plaisirs des amateurs de chair… 

Catherine Véglio tisse un conte d’anticipation à la fois sensuel et moqueur, terrifiant et profond sur nos rapports contemporains à l’animal et à la nature.

Lemieux éditeur

 

 

Manuel du garcon boucher   Un livre qui réjouit l'amateur de viande. Parce que la viande c'est d'abord un animal et que sous le terme « poulet » se cachent en fait des races, des espèces, des modes d'élevages, des terroirs... Arthur Le Caisne présente et décrit les animaux (le boeuf, le veau, le cochon, l'agneau, les volailles, le gibier), s'attache à la noblesse du produit, et explique sur un ton simple et facile les grands principes de préparation et de cuisson des viandes.   Ce livre est une mine d'informations pour curieux ET gourmets. Qu'est ce que la maturation ? On sale et on poivre quand ? Les marinades ça sert vraiment à quelque chose ? Près de 200 conseils de cuisine et recettes. 

 Marabout éditeur

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Le dictionnaire

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800 pages, 1.000 mots, 200 illustrations, le Dictionnaire de l'Académie de la Viande français-anglais est paru à l'occasion du Congrès Mondial de la Viande (4-6 juin 2012 à Paris).

L'ouvrage (2012) et la version numérique augmentée et mise à jour (2014) sont en vente sur le site des Editions Autres Voix