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Lun, Déc

Bifteck, vous l'écrivez comment ?

Un article paru récemment sur le blog du Centre International d’Etudes Pédagogiques (CIEP) répond en partie à une question que se posent depuis toujours tous ceux qui, à un titre ou à un autre, s'intéressent à la viande.

Quelle est la bonne orthographe du mot : bifteck, beefsteak, bifsteck, ou même biftec ? A défaut de trancher définitivement, l’auteur donne une explication à nos hésitations. Notre Académie, dans ses séances du dictionnaire, aura bientôt à choisir une forme plutôt que d’autres, mais peut-être faut-il n’en éliminer aucune. Ce petit papier technique aidera à sa réflexion.

Et vous au fait, comment l’écrivez vous ? Vos réponses seront bienvenues.

« Une observation un peu attentive de l'étal des boucheries ou de l'éventaire des marchés nous met en face d'une réalité qu'on aurait tendance à oublier. Le mot qui désigne ce morceau de viande n'a pas d'orthographe, ou plutôt il en a tant qu'il fait partie de ceux dont la graphie est loin d'être fixée. Seules les trois premières consonnes sont parfaitement stables : B-, -F-, -T-. Mais la dernière, varie : on trouve aussi bien -C que -K, ou -CK, cette dernière graphie étant donnée comme canonique par les dictionnaires. De plus, conformément à l'étymologie anglaise du mot (un composé : beef steak) et par souci d'authenticité, entre -F- et -T-, peut s'insérer ou non un -S-, cautionné par l'existence en français du mot steak. La graphie des deux voyelles insérées n'est pas moins fluctuante.

La première, existe sous trois formes : -i-, sans doute la plus fréquente, est en concurrence avec -ee-, étymologique. Mais on trouve aussi -ea-, graphie non-française pour, qui constitue une hypercorrection étymologique indue, intéressante pourtant en ce qu'elle est perçue comme anglaise par les utilisateurs et signale la conscience qu'ils ont de devoir marquer le mot comme un emprunt. La seconde voyelle, est le plus souvent -e- (avec sa variante accentuée toujours possible -è-), ainsi que -ea-, dictée par l'étymologie et qui connote de manière un peu snob le caractère éminemment anglo-saxon du bœuf de qualité. Finalement la formule orthographique du mot serait B + i/ee/ea + F + (S) + T + e/è/ea + C/CK/K. Les réalisations se répartissent donc entre deux pôles, celui de biftec, minimaliste et francisé, et celui de beefsteak, le plus conforme à l'origine étymologique. Mais de nombreuses combinaisons intermédiaires, une douzaine au moins, sont possibles (certaines comme beeftec ou bifstek paraissent cependant exclues). On peut même ajouter le biftèque, cher à Marcel Aymé, Raymond Queneau (ndlr : et Jacques Perret), mais qui est plus littéraire que populaire. »

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Le dictionnaire

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800 pages, 1.000 mots, 200 illustrations, le Dictionnaire de l'Académie de la Viande français-anglais est paru à l'occasion du Congrès Mondial de la Viande (4-6 juin 2012 à Paris).

L'ouvrage (2012) et la version numérique augmentée et mise à jour (2014) sont en vente sur le site des Editions Autres Voix