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Jeu, Sep

Le consommateur libre de choisir

La généralisation faite par les ONG d’un abattage synonyme de maltraitance est insupportable et inconvenante

Depuis quelques années, les ONG de la protection animale doublées des mouvements végétariens ou véganiens donnent le tempo, jouent aux lanceurs d’alerte et obligent les professionnels à répondre et à s’expliquer. Les récentes vidéos d’abattoirs adroitement médiatisées par L214 sont destructrices pour tous les professionnels de la filière. Quand les images circulent, il est trop tard, le mal est fait dans l’opinion en laissant croire que l’élevage et l’abattage sont sources de mauvais traitements.
La généralisation faite par les ONG d’un abattage synonyme de maltraitance est aussi insupportable et inconvenante que leur slogan « arrêtez de manger de la viande et des produits animaux ». Mais les communiqués lénifiants des organisations professionnelles avançant qu’il s’agit d’incidents isolés et demandant un renforcement des contrôles par les services vétérinaires ne peuvent suffire à rassurer le consommateur. Certes les pouvoirs publics ont le devoir de contrôler et de sanctionner les mauvais traitements faits aux animaux mais ce sera toujours insuffisant si les professionnels ne prennent pas en charge cette question de la bientraitance des animaux aussi bien en élevage que dans les transports ou à l’abattoir.
Il est temps de changer de conception et de reprendre la main sur ces questions de bien-être animal. Prendre en charge le bien-être, ce n’est pas réagir aux vidéos de L214, c’est de le considérer comme une priorité et un devoir éthique dont l’homme doit s’acquitter envers les animaux qu’il élève. Il faut cesser de faire du bien-être animal une contrainte avec des considérations économiques de coûts additionnels. La bientraitance est la contrepartie d’un contrat équilibré de domestication : tu me donnes ton travail, ta vie, je te donne de bonnes conditions de vie sans maltraitance.
Un travail d’évaluation des techniques de production de l’élevage à l’abattoir est nécessaire pour d’une part supprimer les techniques négatives en termes de bien-être et développer celles qui protègent les animaux. Sur cette base, pour éviter des actes de maltraitance au poste d’étourdissement, l’organisation de la chaine qui va de la bouverie à la saignée est à réévaluer : conception des bouveries, couloir d’amenée permettant de réguler les flux, contention des animaux à l’étourdissement, qualité de l’étourdissement. Il faut à tout prix éviter les situations d’animaux qui s’échappent ou qui se présentent à plusieurs devant l’opérateur qui est alors débordé et peut avoir une réaction inappropriée.
Tous les professionnels savent que la formation des personnels, de même que la qualité du matériel d’étourdissement sont gages d’un étourdissement réussi : à savoir 99% des animaux étourdis du premier coup. Des cahiers des charges avec auto contrôle existent pour mesurer la qualité du poste d’abattage au regard du bien-être. Sur cette base la profession peut élaborer un plan d’équipement des abattoirs, de formation des personnels et d’autocontrôle avec un calendrier de mise en œuvre et ainsi prouver que le bien-être des animaux est bien sa priorité. Alors la société pourra être rassurée et les professionnels pourront apporter la preuve que les incidents relevés sont bien des cas isolés à sanctionner selon les lois en vigueur.
Il sera alors plus facile de répondre aux militants de la cause animale, aux végétariens et véganiens qui ont décidé de détruire l’élevage et la consommation des produits animaux. En leur retirant l’argument spécieux d’une maltraitance généralisée des animaux en élevage et en abattoirs, leur construction simpliste que l’élevage et abattage font souffrir les animaux va s’effondrer d’elle-même.
Ils se présentent comme « lanceurs d’alerte » et « chevaliers blancs » de la cause animale mais leurs méthodes, caméras cachés, infiltration, sont pour le moins désagréables et maintenant ils veulent être présents dans les abattoirs pour surveiller, dénoncer et constituer un corps de contrôle parallèle « aidant » les pouvoirs publics. C’est une dérive qui doit être dénoncée et combattue tout autant que leur militantisme très agressif pour imposer à l’humanité leur choix de ne pas manger de la viande et d’autres produits animaux. Et que dire de la nourriture végétarienne et végane qui s’efforce de faire oublier les produits animaux en proposant des ersatz industriels qualifiés de steak, de lait, de fromage ce qui pourrait s’apparenter à la tromperie sur marchandise.
En apportant la preuve qu’ils traitent bien les animaux, les professionnels offrent ainsi au consommateur la liberté de choisir objectivement leur alimentation loin des diktats intolérants des militants anti-viandes.

René Laporte publié dans Viande-Magazine

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